Une "guerre des gangs" liée à la drogue met Bruxelles sous tension
Une série de fusillades liées à la drogue, dont une mortelle, a mis Bruxelles en alerte, les autorités semblant impuissantes à enrayer la hausse de la criminalité violente liée à un commerce de stupéfiants en plein essor.
Des images de vidéosurveillance sont devenues virales montrant des hommes masqués tirant avec des armes automatiques à l'extérieur d'une station de métro de Bruxelles mercredi, alors que les passagers se dispersaient pour se mettre à l'abri. Cela a accentué le sentiment croissant que les gangs de trafiquants de drogue opèrent en toute impunité.
Aucune arrestation n'a été effectuée à la suite de la fusillade dans le quartier populaire d'Anderlecht, qui a déclenché une chasse à l'homme après que les suspects se soient enfuis dans les tunnels du métro.
Lors de deux autres fusillades à Anderlecht depuis, un homme a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi tandis que deux personnes ont été blessées mardi à Saint-Josse-ten-Noode, au nord du centre-ville.
Le procureur de Bruxelles Julien Moinil a qualifié la violence de "totalement inacceptable" et a exhorté les politiciens à allouer plus de ressources à la police.
"Ces fusillades sont liées à la présence de groupes criminels à Bruxelles avec des liens avec le trafic de drogue, qui mènent une guerre violente", a-t-il ajouté.
Il y a eu 92 fusillades à Bruxelles l'année dernière, tuant neuf personnes et en blessant 48, selon les données de la police. Six fusillades ont été enregistrées depuis le 1er janvier, avec le décès de vendredi comme le premier de l'année.
Les trois incidents à Anderlecht cette semaine ont eu lieu dans des zones connues comme des points chauds de trafic de drogue. Le maire d'arrondissement Fabrice Cumps a déclaré que les fusillades étaient probablement liées.
"Nous assistons à une guerre des gangs et à une lutte pour le territoire", a-t-il déclaré.
Perchée sur la côte nord-ouest de l'Europe, la Belgique est devenue un centre clé pour les gangs criminels faisant passer des stupéfiants sur le continent.
Il y a eu des fusillades dans les rues à Anvers, dont le port est devenu un point de transit pour la cocaïne provenant d'Amérique latine. La violence s'est propagée à la capitale belge.
Moinil a plaidé pour plus de ressources policières afin de faire face à la flambée de criminalité depuis la fusillade du métro de mercredi, qui a touché des bâtiments à proximité.
"Une famille s'est réveillée pour découvrir un trou de balle dans la chambre de leur enfant. Combien de personnes doivent mourir avant que nous nous réveillions et affrontions la gravité de cette situation ?" a-t-il demandé sur la radio RTBF.
Moinil a critiqué les "faiblesses" judiciaires, signifiant que même lorsque des arrestations sont effectuées, elles ne se traduisent souvent pas par des poursuites judiciaires.
Il a également souligné le surpeuplement chronique dans les prisons belges: de nombreuses peines de prison ne sont pas purgées en totalité, les détenus passant la moitié de leur temps à l'extérieur.