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Credits: NICOLAS TUCAT / AFP

Une "guerre des gangs" liée à la drogue met Bruxelles sous tension

Une série de fusillades liées à la drogue, dont une mortelle, a mis Bruxelles en émoi avec des autorités semblant impuissantes à enrayer une montée de la criminalité violente liée à un commerce des stupéfiants en plein essor.

Une séquence est devenue virale montrant des hommes masqués tirant des armes automatiques devant une station de métro de Bruxelles mercredi, alors que les passants s'éparpillaient pour se mettre à l'abri. Cela a renforcé un sentiment croissant selon lequel les gangs de la drogue opèrent en toute impunité.

Aucune arrestation n'a été effectuée pour la fusillade dans le quartier populaire d'Anderlecht, qui a déclenché une chasse à l'homme après que les suspects se sont enfuis dans les tunnels du métro.

Dans deux autres fusillades à Anderlecht depuis, un homme a été tué durant la nuit de jeudi à vendredi tandis que deux personnes ont été blessées mardi à Saint-Josse-ten-Noode, au nord du centre-ville.

Le procureur de Bruxelles, Julien Moinil, a qualifié la violence d'« absolument inacceptable » et a exhorté les politiciens à allouer plus de ressources pour le maintien de l'ordre.

« Ces fusillades sont liées à la présence de groupes criminels à Bruxelles ayant des liens avec le trafic de drogue, qui mènent une guerre violente », a-t-il ajouté.

Il y a eu 92 fusillades à Bruxelles l'année dernière, faisant neuf morts et 48 blessés, selon les données policières. Six fusillades ont été enregistrées depuis le 1er janvier, dont le décès de vendredi est le premier de l'année.

Tous les trois incidents d'Anderlecht cette semaine ont eu lieu dans des zones connues comme des points chauds de trafic de drogue. Le maire de l'arrondissement, Fabrice Cumps, a déclaré que les fusillades étaient probablement liées.

« Nous faisons face à une guerre de gangs et à une lutte pour le territoire », a-t-il déclaré.

Perchée sur la côte nord-ouest de l'Europe, la Belgique est devenue un carrefour clé pour les gangs criminels qui introduisent des stupéfiants sur le continent.

Il y a eu des fusillades de rue à Anvers, dont le port est devenu un point de transit pour la cocaïne en provenance d'Amérique latine. La violence a fait tache d'huile jusque dans la capitale belge.

Moinil a plaidé pour plus de ressources policières pour faire face à la montée de la criminalité depuis la fusillade de mercredi dans le métro, qui a frappé des bâtiments voisins.

« Une famille s'est réveillée en trouvant un trou de balle dans la chambre de leur enfant. Combien de personnes doivent mourir avant que nous nous réveillions et affrontions la gravité de cette situation ? » a-t-il demandé sur RTBF radio.

Moinil a critiqué les « faiblesses » judiciaires – signifiant que même lorsque des arrestations sont faites, elles ne débouchent souvent pas sur des poursuites.

Il a également souligné la surpopulation chronique dans les prisons belges : de nombreuses peines de prison ne sont pas purgées intégralement, les détenus passant la moitié de leur temps dehors.

- 'Trop indulgent' -

« Vous êtes dehors pour un mois, de retour dedans pour un mois – puis de nouveau dehors », a accusé Moinil. « Cela n'a aucun sens. C'est un obstacle évident à la réintégration des personnes dans la société. »

« Il n'y a aucun doute que Bruxelles est trop indulgente » envers la criminalité, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il y avait « un climat d'impunité, et cela sape l'État de droit ».

Le maire d’Anderlecht, Cumps, a renvoyé l’appel – insistant sur la nécessité de s'assurer que les trafiquants de drogue condamnés ne puissent pas continuer à diriger leurs opérations depuis la prison.

Cumps a également appelé à des ressources supplémentaires pour aider la police fédérale à faire face à la violence liée au contrôle des lieux de trafic - un seul d'entre eux générant environ 50 000 euros (51 750 $) par jour, a-t-il dit.

Traiter la criminalité liée à la drogue à Bruxelles est compliqué par le gouvernement complexe de la ville - avec la police locale divisée entre six zones distinctes, et l'État opérant la police fédérale.

Au niveau national, un nouveau gouvernement de coalition qui a pris ses fonctions cette semaine a promis une ligne dure sur la loi et l'ordre. Mais les finances sont serrées et il n'a pris aucun engagement d’augmenter les effectifs policiers.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Quintin, a déclaré vendredi que plus d'agents seraient mis en patrouille - notamment dans les quartiers bruxellois d'Anderlecht, Saint-Gilles et Forest - ainsi que dans les stations de métro bruxelloises.

« Les rues appartiennent aux habitants qui y vivent – pas aux trafiquants », a-t-il dit.

La coalition dirigée par les conservateurs a appelé à la fusion des six zones de police de Bruxelles en une seule pour plus d'efficacité – mais l'idée a été rejetée par les maires d'arrondissements.

Ils soutiennent qu'un système existe déjà qui leur permet de regrouper les ressources en cas d'urgence comme la présente flambée de criminalité liée à la drogue.

* Stories are edited and translated by Info3 *
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