La décision des États-Unis de mettre fin au droit à la citoyenneté par naissance suscite un débat mondial
Le président américain Donald Trump est engagé dans une lutte judiciaire pour éliminer le droit automatique à la nationalité pour les enfants nés dans le pays, même si leurs parents sont sans papiers. Environ un tiers des pays du monde ont des lois similaires, mais la question, connue sous le nom de "jus soli" ou "droit du sol", est vivement débattue dans de nombreuses régions.
### Largement utilisé aux Amériques
Peu après son entrée en fonction en janvier, Trump a signé un décret visant à redéfinir le 14ème amendement de la Constitution américaine, qui stipule que toute personne née sur le sol américain est citoyenne. Cet ordre a depuis fait face à des contestations juridiques, les tribunaux de district inférieurs l'ayant bloqué et une cour d'appel ayant confirmé ces décisions mercredi.
Trump a affirmé que les États-Unis étaient uniques en offrant la citoyenneté de naissance, mais au 1er janvier 2024, 38 pays reconnaissent le droit du sol sans restrictions, principalement aux Amériques, selon l'Observatoire mondial de la citoyenneté de l'Institut universitaire européen en Italie. Dans des pays comme les États-Unis, le Canada, le Mexique, l'Argentine et l'Équateur, les nouveau-nés reçoivent automatiquement la citoyenneté de leur lieu de naissance. Cette pratique remonte au 19ème siècle, lorsque ces nations cherchaient à attirer des immigrants européens alors qu'elles gagnaient leur indépendance des puissances coloniales.
L'expert en démographie Jean-François Mignot a noté que le déclin important de la population indigène après l'arrivée des Européens en 1492 a conduit les États-Unis et les nouveaux pays d'Amérique latine à offrir la citoyenneté aux enfants d'immigrants à la naissance, favorisant un sentiment de loyauté.
Certaines nations d'Amérique latine, comme la Colombie et la République dominicaine, accordent le droit du sol avec certaines exceptions basées sur la résidence des parents.
### Bénin, un changeur de jeu
En Afrique, cinq pays—le Tchad, la Tanzanie, le Mozambique, le Lesotho et depuis 2022, le Bénin—offrent le droit du sol. Maarten Vink, directeur de l'Observatoire mondial de la citoyenneté, a souligné que de nombreux pays africains adoptent souvent des règles de citoyenneté de leurs anciens colonisateurs. Par exemple, lorsque le Mozambique a obtenu son indépendance du Portugal en 1975, il a hérité des lois portugaises sur la citoyenneté qui incluaient un droit du sol inconditionnel, qui a été amendé plus tard en 1981.
Des pays comme Tuvalu, la Moldavie, le Bangladesh, ainsi que l'Inde et le Pakistan ont également des lois accordant un droit du sol absolu, bien que l'application de ce principe puisse varier. Vink a souligné que le Bangladesh et le Pakistan ne l'appliquent pas de manière aussi cohérente que d'autres nations.
### 'Double' droit
Au total, 33 pays, principalement en Europe de l'Ouest et en Afrique de l'Ouest, ont des droits conditionnels du sol. La Belgique, la France et l'Espagne utilisent un "double droit du sol", ce qui signifie qu'un enfant né de parents étrangers peut obtenir la nationalité si au moins un parent est également né dans le pays. En Belgique, une résidence de cinq des dix dernières années est requise, tandis qu'en France, un enfant né de parents étrangers peut demander la nationalité à l'âge de 13 ans, à condition d'avoir vécu dans le pays pendant au moins cinq ans.